King of Fighters – Sega Saturn

S’il y a bien une saga culte de jeu vidéo qui me manque aujourd’hui, c’est bien celle de King of Fighters, je vouais un culte sur cette série et dans mon cœur, elle a toujours égalé les Street Fighters si ce n’est peut être les surpasser en 1998.

Ce qui m’a toujours fasciné dans les saga de SNK, c’est clairement le character design des personnages, très “cool” et qui se démarquait largement de la concurrence selon moi, là où a toujours échoué la série des Mortal Kombat et ses nombreux clones. Aujourd’hui, en 2015, cette série tombe malheureusement dans l’oublie malgré un très bon épisode KOF XIII qui a été produit dans la douleur. Le KOF XIV quant à lui ne semble pas être très optimiste pour la suite de la licence …

Historiquement,  bien avant Smash Bros, King of Fighters fut l’un des toutes premiers cross over, il réunissait les personnages des jeux SNK et modernisait chaque volet en fonction de la popularité des personnages, un procédé ingénieux qui fut le bonheur des fans.

Image de yoink13
(1) Image de yoink13

Beaucoup de personnages font vraiment échos ne sont pas vu ailleurs à part le cas de Ryo et Robert (2). Très peu de personnages ne se jouent pas de la même façon, et beaucoup de timing, de préparations notamment pour Kim, Goro et tant d’autres. Je voyais souvent les jeux SNK dans des bornes d’arcades (onéreuses) et j’étais vraiment impressionné par la taille des sprites … Les attaques si singulières des personnages, les voix Japonaises qui tiraient souvent son épingle. Bref c’était du grand spectacle pour moi. A ce propos, ce n’est que des années plus tard que j’ai compris que le personnage de Benimaru était un hommage à la troisième saison de Jojo Bizarre Adventure (Polnareff).

Le système est simple, et vous le connaissez tous, on choisi une équipe de 3 personnages, ce qui oblige le joueur de connaître 3 personnages parmi ce grand casting. Autre particularité de KOF, c’est son nombre conséquence de personnages, ça toujours été une marque de fabrique de la maison, et sur ce point là, Capcom a toujours  été derrière à l’exception de Marvel vs Capcom 2 et Street fighters Alpha 3.

SNK avait beaucoup soutenu Sega lors des 32 bits, il faut dire que sa console était très puissante pour établir une belle 2D et se rapprochait donc de la Neogeo, c’était alors parfait pour SNK de vendre ses grands hits pour une grande distribution au Japon, le public de la Neo Geo AES a toujours été à part.

Voilà, donc un petit article sur des jeux mythiques de mon adolescences.

King Of Fighters 95

Et puis vint les versions Sega Saturn, j’avais cette console et de nombreux tests de jeux vidéos m’avaient largement conquis, notamment celui du magazine Console + via l’été en 1997 :

D’accord, il s’agissait de la version 95, et à ce moment là on était en 1997, qu’importe il me le fallait. J’étais parvenu à obtenir la version PAL du jeu et j’étais en joie. Par contre, et ça uniquement le test de Console Plus le soulignait mais ce jeu est vraiment très difficile. Jamais l’IA d’un KOF n’a été aussi redoutable, il fallait vraiment s’entrainer, anticiper, et user avec habilité de l’esquive du jeu.

Si les deux premiers combaKOF95ts sont facile à passer, dès le troisième combat, la difficulté devient très contraignante pour les nouveaux venus. Quelques persos peuvent envoyer des projectiles ce qui est très pratique. Beaucoup se souviennent de la charismatique Mai Shiranui qui fut une véritable icône du jeu vidéo dans les années 90, surclassant parfois Chun Lee, sa grande rivale de Capcom.

Pourtant malgré son charisme réelle, ce n’est pas le personnage qui m’a vraiment marqué, j’avais beaucoup plus d’affections sur Yuri Sakazaki, la jeune sœur de Ryo. La version 95 offrait pour première fois l’occasion de manipuler Eiji, le terrible ninja de Art of Fighting 2, qui sera revu dans KOF XI … c’est dire s’il a manqué !

Parmi les nouveaux venus par rapport à la version 94,  le fourbe Iori est dans la place et deviendra très vite très populaire (lui et son rire démoniaque). Billy est également présent en raison de sa popularité dans Fatal Fury. En revanche l’équipe américaines disparait pour des raisons mystérieuses. Le Boss est toujours Rugal mais il est suivit par Saisyu Kusanagi, le père de Kyo qui n’est pas à négligé. Ces deux personnages sont jouables sur les versions consoles via des codes à rentrer. Notons que Vice et Mature apparaissent dans de petite séquence présentant l’intrigue du jeu. Elles sont les secrétaires de Ragal à ce moment là …

Cartouche KOF95Les stages sont globalement superbes, j’ai un pincement au cœur concernant celui la team Fatal Fury. Le jeu étant assez violent pour l’époque, il était même possible de déchirer les vêtements de quelques personnages féminins lors des finish-him … La version Sega Saturn était très bonne, bien sûr avec le support CD, il était impossible de ne pas gommer les temps de chargements, mais elle s’en tirait bien grâce à sa cartouche mémoire, boostant alors les caractéristiques de la console. D’ailleurs, cette cartouche était unique à KOF, et ce n’est qu’après de SNK et Capcom pondront une cartouche unique pour les jeux nécessitants de grandes ressources.

Ainsi grâce à cette cartouche, les temps de chargements entre chaque combat sont assez rapides, la version propose même des artworks sur les personnages. A titre personne, je crois bien qu’en 1997, j’avais dû terminer le jeu malgré ce grand obstacle qu’était Ragal, un boss qui ne m’a jamais intéressé.

King Of Fighters 96

Un an après, c’était ça la magie de SNK, il fallait un an  l’équipe pour pondre une version supérieure au précédent, quelque chose qui n’est plus vraiment possible aujourd’hui, il faudrait minimum 2 ans. KOF 96 sort et c’est l’un des volets les plus changeant, il y a vraiment une transition entre 95 et 96 très forte, les différences sont très nombreuses à commencer par les sprites.

the_king_of_fighters_96_red_by_squall_lawliet-d1ry80d

Au niveau du casting, c’est vraiment un grand bouleversement pour la série, des personnages cultes sont mis au placard pour de nouveaux personnages emblématiques. Heidern laisse sa place à sa fille Leona, Yuri rejoint l’équipe d’Art of Fighting. Vice et Marure rejoignent Iori qui avait décimé son équipe à la scène de fin dans KOF 95. Kasumi, cette jeune combattante d’Art of Fighting 3 rejoint l’équipe de King et remplace Yuri. Et cerise sur le gâteau, on a droit à une Boss Team : Geese, Mr Big et … Krauzer  (et sa mythique musique de Mozart) ! La Boss Team de KOF 96 restera longtemps un argument irrésistible pour entreprendre ce volet.

Il y a deux nouveaux Boss, Chizuru assure le poste de sous-boss et est redoutable au combat rapproché via ses “doubles”. Goenitz est vraiment redoutable mais pour des raisons très différentes à Rugal. Il faut témoigner de beaucoup de précisions pour le frapper peu après que ses tourbillons disparaissent. Ses choppes sont implacables, et la musique qui accompagne son stage est dynamiques !

Stage KOF 96Contrairement au test de Joypad, je trouve les musiques absolument sublimes, peut être que sont mes favorites dans l’histoire de la série. Il en va de même pour les décors, une grande réussite que celui de l’Art of Fighting décliné pour Fatal Fury.

KOF 96Les esquives ont été supprimées et désormais les personnages font des roulades. KOF 96 est aussi inventeur d’un procédé assez jubilatoire. Si le joueur peut charger sa barre pour placer son attaque ultime. Et si la barre est rouge, alors la fury sera beaucoup plus puissante et violente (Iori ?) … Un procédé nouveau, rafraichissant et qui rallonge la durée de vie du jeu ! Un coup de génie de SNK !

Beaucoup de personnages se sont privés des projectiles, Yuri par exemple ne lance que des vagues de feu à bout portant et Kyo le jeune héros est privé de ses projectiles (!). KOF 96 est le dernier jeu de la série à proposer un mode arcade ou le joueur doit vaincre toutes les équipes ! Par la suite, ça se limitera à 6 combats il me semble. Une volonté de SNK à écouter les parties en arcade probablement. La version Saturn est très bonne là encore, malgré ses temps de chargements contrairement à la Neogeo. Les musiques sont sensiblement les mêmes.

King Of Fighters 97

Même si est loin d’être le meilleur de la série, c’est probablement un de mes épisodes favoris, parce qu’il incarne la fin d’une délicieuse époque. Une époque où il n’y avait pas encore de compilation, attention l’épisode 98 est véritablement culte mais selon moi, il a amené de mauvaises choses à la série (KOF 2001 – 20002). La version KOF 97 revoit de nouveau son casting pour mieux surprendre les joueurs.

KOF 97 2Chizuru rejoint l’équipe de King (cette équipe est décidément très changeante), Yashiro, Chris et Shermie font une apparition très remarquée. Alors que Fatal Fury marchait pleinement, KOF embarque le très remarqué Ryuji Yamazaki un fou sadique très redoutable, avec lui Billy refait son apparition et Blue Mary fait sa première apparition. Une équipe qui rappelle ô combien les Real Bout fonctionnaient à l’époque. Iori n’a désormais plus de coéquipier, la scène de fin de 96 le voit tuer Vice et Mature (ça porte malheur de s’associer à Iori). Shingo fait son apparition et se révèle être un fan de Kyo et pique quelques coups de son idole.

L’équipe de Yashiro est décliné en sous boss mais avec des nouveaux pouvoirs. En réalité, ils piquent les pouvoir de l’équipe de Kyo. Ainsi Chris reprend les flammes de Kyo, Shermie reprend les attaques électriques de Benimaru, et enfin Yashiro hérite des prises de Goro.  Iori existe en version Orochi, tel qu’on pouvait brièvement l’apercevoir dans la fin de 96, et étonnamment Leona est elle aussi impliquée par ce pouvoir maudit. Elle ne peut être rencontrée que si on a Iori dans son équipe dans le mode arcade.

Yamazaki
Yamazaki en action

Et enfin, Orochi fait son apparition alors qu’il était évoqué depuis quelques volets, preuve qu’il y avait une trame assez intéressante. Par contre, et ironiquement par rapport à son statut dans l’histoire, Orochi est assez facile à vaincre rapport à Ragal et Goenitz, c’en est déroutant ! Par contre sur son apparence et ses coups spéciaux, on est plus proche d’un dieu qu’un expert en art martiaux.

Cette version permet de choisir son système de jauge, soit par pastille en fonction des coups reçus ou donnés, ou bien par une barre de jauge qui se recharge. Les sprites sont sensiblement les mêmes que ceux du 96.

Sur la version Sega Saturn, il était possible de jouer avec tous les semi boss ainsi qu’avec Orochi (ce n’était pas possible de contrôler ce boss sur Neogeo). Il fut pour moi un excellent volet,et puis ironiquement la sous boss team faisait écho avec mon équipe de prédilection, Kensou, Yuri et Terry vs Chris, Shermie et Yashiro. La version Saturn permet d’entendre un thème inédit lorsqu’on affronte Shermie, une musique douce et mystérieuse, déroutant mais culte !

KOF97

En revanche, le point faible de cette version est de ne pas proposer beaucoup de musiques, mais uniquement sur certains personnages emblématiques (Athéna par exemple), ce qui est très dommageable voir incompréhensible quand on repense à l’excellente partition du précédent jeu. Peut être que le cahier des charges de ce jeu en a jugé autrement …

Qu’est ce que j’ai pu jouer avec Kim dans ce volet, d’ailleurs je vous recommande chaudement les vidéos de ce joueur Japonais se nommant “777” , il est probablement le plus grand expert de ce personnage au monde, il parvient à faire la différence des des compétitions tels que le défunt Tougeki :

Alors que la console 32 bits de Sega était malheureusement en perte de vitesse, SNK ne développera pas dessus KOF 98 (mais des rumeurs font état qu’il était prévu) pour le reporter sur Dreamcast qui se fera renommer KOF 99 (ah ce piège). C’est la Playstation qui profitera de ce mythique opus et la conversation fut assez bonne ce qui est suffisamment rare pour être souligné !

Mais peu importe, la Sega Saturn à cependant eux des jeux d’exceptions et ces trois grands jeux resteront dans les mémoires des trentenaires :

King of Fighters Sega Saturn

Notes

(1) Deviantart de Yoink13

Provient du site staringatscreens

(image du site http://staringatscreens.or)

(2) Ryo d’Art of Fighting fait énormément pensé à Ryu et Ken de Street Fighters. Pour répondre à cela, la saga de Street Fighter créera Dan qui reprend le kimono (mais en rose) de Ryo et est doté de la queue de cheval de Robert.

Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*