Patlabor WXIII, le vilain petit canard

 

Patlabor WXIII est une sorte d’ovni, dĂ©jĂ  parce qu’il n’est pas rĂ©alisĂ© par le gĂ©nial Mamoru Oshii, celui ci avait Ă©tĂ© très clair avec le second film Patlabor oĂą il dĂ©clarait avoir terminĂ© avec cette licence. Le rĂ©alisateur Fumihiko Takayama ne se cache d’ailleurs pas pour dire a quel point ce projet a Ă©tĂ© difficile en interne.

Lors des premières interview autour de ce film, le staff avait indiquĂ© ne pas s’intĂ©resser Ă  la 2ème brigade (cf Animeland) , car tout avait Ă©tĂ© dit, mais l’idĂ©e de revenir sur cet univers continuait de faire rĂŞver la firme Madhouse.

Note Yuuki  Masami l’auteur du manga sur ce film :

On s’Ă©tait bien mis d’accord, pour ne pas toucher aux personnages principaux. C’est ce qu’on avait dĂ©fini. Donc Ă  ce sujet je n’avais rien Ă  rajouter. Dans l’œuvre originale, on n’explique que brièvement et sans images l’histoire de la prolifĂ©ration du monstre.

Ce projet sur Patlabor 3 est restĂ© longtemps en haleine, sans cesse repoussĂ© parfois annulĂ© … Ce film aura fait bondir de nombreux fans Japonais lors de sa production.

Contrairement aux autres films, celui-ci reprend une histoire du manga (quoi le projet Babylone est dĂ©veloppĂ© dans le manga mais très diffĂ©remment de l’intrigue du premier film) , et pas forcĂ©ment la plus facile. Ici intervient un monstre sous marin. Les rĂ©flexions bibliques ? Les actes terrorismes ? Pas ici.

Utsumi et son acolyte mis sur le banc de touche. Place à la créature de Saeko de la filme Schaft.

Dans le manga, alors que la brigade faisait face au loufoque (mais brillant) Utsumi , et sa terrible crĂ©ation « Griffon », cet affrontement est mis en suspend. Bado son pilote est Ă©vacuĂ©e. Le subalterne d’Utsumi a la lourde tâche de rĂ©cupĂ©rer le Griffon qui est quelque part dans l’ocĂ©an mais … Tout ne se passe pas comme prĂ©vu car un monstre sous- marin fait son apparition.

VoilĂ  comment arrive l’intrigue dans le manga (tome 6 du manga des Ă©ditions Kabuto). L’histoire n’a rien de politique cette fois-ci, et pas de saison pour ce troisième film, une caractĂ©ristique qui accompagnaient les deux premiers films de Oshii.

Par contre, plus encore que le second film, la Brigade tiens un rĂ´le de camĂ©o. MĂŞme le charismatique Goto ne fait qu’une courte apparition sur cette enquĂŞte policière.

Ici les hĂ©ros, ce sont les ‘inspecteurs Hata et Kusumi. On pourrait retrouver une petite ressemblance avec l’inspecteur Matsui et son acolyte surtout dans le premier film, mais ils ne sont pas Ă©vacuĂ©s par les Labors une fois l’enquĂŞte terminĂ©e.

Couverture du tome 9, montrant là une Saeko bien différente de celle du film.

Le fougueux Hata est nĂ©anmoins Ă©pris de l’Ă©nigmatique Saeko, très diffĂ©rente de la version du manga. Ici elle est dĂ©crite comme une femme anĂ©antie par le dĂ©cès de son enfant. Tandis que le manga nous montre une personne « machiavĂ©lique ». Il s’agit probablement du plus grand changement sur cette histoire.

Ah et le film met le très mystĂ©rieux Goro alias le Colonel Ishihara, personnage absent du manga. Le film ne rĂ©pond pas vĂ©ritablement Ă  ses motivations, il a toujours un coup d’avance sur Goto ce qui est un comble. Et en ça, le film peut dĂ©cevoir, alors que Goto parvenait Ă  dĂ©jouer inintelligences de grands cerveaux, celui ci est mis sur la touche Ă  l’instar de sa brigade, et la scène dans la grande roue nous montre grandement son dĂ©tachement Ă  l’intrigue. Frustrant.

Le combat final est très mĂ©lodieux puisque c’est la douce musique de Sonata fur Klavier Nr.8-Pathetique Adagio cantabile qui l’accompagne. Sans trop en dire sur les origines de la crĂ©ature, une mise Ă  jour a Ă©tĂ© faites et dotĂ© d’une carcasse de labor (par inadvertance), il est difficile de ne pas songer Ă  Evangelion. Techniquement, le film est au top bien que s’Ă©loignant considĂ©rablement du character design du second film.

La fin du film est triste et amère. Et pourtant, aujourd’hui, ce film ne vĂ©hicule clairement pas la mĂŞme aura que les autres films. DĂ©jĂ  je pense que le fond de l’histoire rompt avec les autres encore une fois, et pourtant elle n’est pas non plus lĂ©gère, et c’est sans doute pour cela que le scĂ©nario insiste tant sur les

deux inspecteurs, ainsi que sur leur positionnement diamétralement opposé.

Noa et Azuma dans un court caméo.

HĂ©las plus les annĂ©es passent, et plus ce film est oubliĂ©, souvent pointĂ© comme Ă©tant le vilain petit canard de la trilogie. Un raisonnement ma foi injuste car le film avait de bonnes intentions. Il est Ă©galement injuste de lire que la Brigade est mise Ă  l’Ă©cart comme Ă©tant un point nĂ©gatif, alors que c’Ă©tait dĂ©jĂ  le cas dans le second (dans le premier c’est moins flagrant, j’en conviens).

Mais il faut reconnaitre que ce film est une anomalie, car Mamoru Oshii avait terminĂ© brillamment la licence par le cultissime Patlabor 2, film encore aujourd’hui très important dans l’industrie. Ce qui passait derrière ce pilier de l’animation ne pouvait peut ĂŞtre que dĂ©cevoir chez beaucoup ?

Aujourd’hui WXIII est un bon film, je reconnais que je ne le trouve pas aussi culte que les deux premiers, mais il parvient Ă  me toucher. La partition de Kenji Kawai est excellente et le gĂ©nĂ©rique de fin continue de me procurer de nombreux frissons. Un gĂ©nĂ©rique m’indiquant que « Patlabor c’est terminé ».

Bref malgrĂ© ses dĂ©fauts, je continue a avoir de la bienveillance sur ce film. Peut ĂŞtre parce que ce projet s’est fait dans la douleur et qu’il y avait une intention de proposer un nouveau regard mĂŞme aussi dĂ©concertant soit il ?

Le combat final.
entrer Qui

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