Bruce Timm, l’homme qui créa Batman en animé

Bruce Timm est considéré comme un génie de l’animation pour moi passé 1992. Bien sûr je le connaissais sans vraiment le savoir de part sa participation sur la série déjanté les Tiny Toons (qui vieillit moins bien que les Animaniacs). En lisant sa très longue interview par Eric Nolen Weathington, on apprend un paquet de choses foutrement intéressants sur son univers, et naturellement la création de la série Batman Animated Séries. Comme souvent avec les grandes séries, Batman est né dans la douleur.

Non content de proposer un produit dérivé du film Batman de Tim Burton, Bruce Timm a tout fait pour proposer sa vision des choses. Entouré de Paul Dini, lui aussi venant des Tiny Toons.

Beaucoup de belles anecdotes, la plus intéressante concerne Harley Quinn qui était destiné à apparaitre une seule et unique fois dans la série (épisode : Chantage à crédit). Mais la performance à l’écran d’Arleen Sorkin (la comédienne américaine) était tellement convaincante, et sexy que le personnage était devenu le favoris en interne. Malgré le fait que cela a considérablement adoucit le Joker.

freezeOutre cela, si Bruce Timm a réalisé l’épisode “Amour on Ice” qui est sûrement l’un des meilleurs épisodes de la série, il s’agissait en réalité d’un pur hasard, pour cause de disponibilité. Bruce Timm rappel alors que le personnage de Freeze était une vaste blague dans les Comics et qu’il voulait changer la donne avec son ami Paul Dini. On peut dire qu’ils ont eux du flairs. Puisque les fans de la série ne manquent pas de rappeler a quel point la déchéance du personnage de Victor Fries est émouvante. On en vient à être de son coté sur quête de vengeance.

D’ailleurs je vois ponctuellement sur la toile le top 10 des meilleurs épisodes de quelques blogueurs. Au risque de paraitre étrange, une de mes histoires favorites n’est jamais cité, il s’agit de la quête du démon qui adapte avec succès le comics du même nom.

Je suis en total admiration sur la musique accompagnant l’ouverture du combat. Rappelons d’ailleurs que cette musique avec beaucoup d’autres est disponibles sur le coffret n°2 de la série ici. Quant à Ras Al Ghul, c’est pour moi le meilleur adversaire de Batman (Bruce le dit de lui même dans la série) car les enjeux ne sont pas les mêmes qu’avec le Joker ou un Double Face. Même si l’ambiance y est beaucoup plus classique, rappelant un bon film sur James Bond. Le duel à l’épée quant à lui est très classique, avec quelques clichés, mais quand c’est bien fait … Ben ça me plait !

En plus grâce à Ras Al Ghul, nous avons droit à un excellent épisode sur Jonah Hex. Un redoutable adversaire présent sur la dernière partie de la série, qui éclipsait déjà certains personnages tels que l’épouvantail.

Là où en revanche je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui, c’est sur Batman Mask of the Phantasm. Effectivement, techniquement il est en dessous des meilleurs épisodes de la série confié au studio TMS (Cobra, le château de Cagliostro ça ne vous dit rien ?). Pour autant le film est d’une poésie remarquable. Si la série s’intéresse au justicier masqué, le film a pour ambition de nous révéler ses origines.

Ce film est très poétique, et il faut saluer la performance de Kevin Conroy, le comédien qui prête sa voix à Bruce Wayne. Son jeu est remarquable, notamment sur les moments de doute du protagoniste. Je retiendrais cette scène magique ou Bruce doute de sa mission, que doit-il choisir ? La vengeance ou bien Andréa Beaumont, cette femme qui comprend Bruce mieux que lui même.

Le tout bercé par une merveilleuse musique de Shirley Walker : Imparable ! Pour la petite histoire, cette même musique apparaitra discrètement dans l’épisode “La Chimie de l’amour” (Chemistry) lorsque Bruce pense avoir trouvé la femme de sa vie une nouvelle fois.

Bruce Timm est assez dur sur ce film, et largement moins sur le second qui n’est guère marquant selon moi, malgré tout ce que j’ai pu dire ci-dessus sur Freeze. On se rend d’ailleurs très vite compte que Bruce Timm est très critique sur son travail. Mais c’est le fan qui parle et non le producteur.

Ce qu’il révèle sur la série Superman n’est guère surprenant. Bruce Timm ne savait pas comment utiliser Superman, à cause de sa trop grande force, comment constituer des intrigues et le mettre en difficulté ? La patronne de DC de l’époque persista de produire cette série et lui donner le même “hommage” réalisé pour Batman. Le livre revient sur les grands morceaux de l’histoire, la plus croustillante reste bien entendu la mort de Turpin.

C’est étrange, la série Batman est bien plus émouvante, les ennemis y sont largement plus touchants, notamment dans leur déchéance, et pourtant … Le passage Animated DC à le plus m’émouvoir reste la mort de Turpin, la musique n’y est pas étrangère non plus. Toujours est il que Bruce Timm songeait à tuer les parents de Clark, mais DC voulait leur imposer des le faire revenir. Et personne n’aimait le professeur Hamilton, ils se sont mis à tuer Turpin pour permettre de rendre cet ultime hommage sur Kirby qui venait de décéder.

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Ce qui est dit sur la série Beyond est intéressant mais … c’est le film qui retiens mon attention. Excusez du peu mais quand Warner Kids souhaite pour le marché du DVD un film sur Beyond, et que Bruce Timm pond le film le plus violent de sa franchise, c’est tragicomique ! Apparemment, la seule scène à avoir disparue totalement est une danse de Dee Dee. Le reste est se retrouve dans la version Director Cut d’ailleurs disponible en Blu Ray ! Plus les années passent, et plus ce film devient un de mes favoris, même s’il est très cruel sur le sort de Robin qui fait écho avec Jason bien sûr. Dans la seconde série, Dick semblait en effet être un mélange de Tim et Jason.

En tout cas ce fut une période éprouvante pour Bruce Timm puisque plusieurs fans protestaient leur mécontentement sur sur la version censurée du film. Sans parler de l’indignation de Warner Kids lors de la projection du film. Notons que les fans de Nightwing prennent prennent cher, puisque Bruce Timm se désintéresse de son sort. Ce sur quoi on pouvait le constater plus ou moins dans le film puisqu’il est rapidement évoqué.

Et enfin, peut être même le meilleur pour la fin, Justice League ! Cette magnifique série … Si ce n’est que la saison 1 est très bonne malgré ce que peut critiquer Bruce Timm. C’est vrai que je préfère la seconde, mais la première n’est pas en reste. Les fans ont logiquement protesté sur l’incarnation de Green Lantern revenu à John Stewart , malgré le passage éclair de Kyle Rayner dans la série Superman (magnifiquement doublé en Français par Mark Lesser). Revenons sur les propos de l’intéressé :

Les épisodes n’ont aucun tranchant, ou très peu. Une sorte de fadeur s’est installée dans la série. Nous avons avons pris des mesures pour remédier à cette situation dans la saison deux, au point que je trouve que les épisodes de la deuxième saison sont sensiblement meilleurs. Nous faisons régulièrement référence à la “nouvelle ligue des Justiciers améliorée”

Et c’est un des aspects qui, je le répète, a été le plus amélioré dans la deuxième saison. En gros, nous nous sommes promis qu’aucun scénario ne sortirait tant que nous n’en serions pas satisfaits.

Malgré tout, je retiendrais l’excellente histoire sur Hades et Faust !

Sans doute l’une des seules fois où une série DC mèle films d’horreurs. Puisque l’apparition des zombies en plus d’être impressionnantes dans son animation est remarquable. Le cadrage, la cape de Batman tirée sous terre par une main qui vient de la terre. Enfin, le charisme d’Hades, ce beau dieu ténébreux ! Une grande réussite sur cette première saison, et ironie du sort, il ne s’agit pourtant que d’un ennemi mineur dans le comics. Il est dommage que l’équipe ne retrouvera pas ses mêmes dispositions lorsqu’Arès fera son apparition, qui pour le coup est véritablement un ennemi important pour Wonderwoman dans le Comics.

Impossible de ne pas revenir sur le dénouement de la saison 2, cette trilogie magique que symbolise la croisée des étoiles mais j’y reviendrais sur un article entier je pense.

Puis vient le Bat-Embargo , Warner demande peu à peu à l’équipe de Bruce Timm de retirer progressivement les personnages issues de l’univers Batman à cause de la médiocre série The Batman qui faisait ses débuts. Malgré une quatrième saison très forte, la cinquième commença à tourner un peu en rond.

L’histoire du DC Universe crée par Bruce Timm s’arrêta là, non sans larme. Dommage que ce magnifique livre s’arrête sur la fin de la saison 2 (probablement que les autres saisons n’existaient pas encore à ce moment là). L’aventure continue avec divers films d’animations. Certains sont de purs chefs d’oeuvres tels que Superman contre l’élite, Justice League Crisis on Two Earths, Batman: Under the Red Hood, Batman: The Dark Knight Returns et dernièrement l’adaptation Flash Point … Tandis que d’autres sont de pures déceptions tels que Doom, Superman contre Brainiac, Batman Year One …

Mais toujours est-il que Bruce Timm à suffisamment de ressources pour continuer à nous étonner et Warner ne s’y est pas trompé. Et pour les 75 ans de Batman, Bruce Timm revient à la charge sur cette (trop) courte animation jubilatoire au possible :

Bruce Timm reste et restera l’une des figures les plus emblématique de l’animation américaine. Alors que les séries des années 90 de Supers héros étaient toutes médiocres (X-Men, Spiderman …) avec des scénarios assez inintéressants ne retranscrivant jamais la noirceur du récit, Batman Animated fut précurseur avec des scénarios intelligents, des personnages psychologiquement adultes, et de belles histoires tragiques …

Il me navre de voir que les productions Marvel sur leur adaptation animé n’ont toujours pas compris cela. Il y a tant de belles choses à construire avec Daredevil ou Spiderman.

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